Connecting with Roy Lichtenstein’s world

Je ne vous avais pas caché ma fascination pour le grand artiste que fût Roy Lichtenstein – cf. billet http://artdesigntendance.com/roy-lichtenstein/). Alors, bien évidemment, il m’était impossible de rater la première rétrospective parisienne consacrée à l’artiste au Centre Pompidou ↓

Roy Lichtenstein, Mes Petits... Pour La France !, 1963

Roy Lichtenstein, Crak ! Now, Mes Petits… Pour La France !, 1963

Si vous fréquentez mon blog depuis quelques temps, vous avez dû remarquer que mon propos n’est pas de chroniquer la dernière exposition en vogue, je laisse ce savoir-faire à d’autres, à la plume plus experte.  En revanche, j’aime partager ma passion, la rendre accessible par la mise en ligne régulière de liens qui jalonnent mes billets. J’aime creuser le « décor de fonds » d’une œuvre, c’est-à-dire donner des clés de compréhension et d’explication du travail d’un artiste. J’aime aussi aller au-delà de l’imagerie classique que véhicule l’œuvre de l’artiste,  il y a toujours des indices, ici et là, qui donnent du relief à son œuvre.

Alors Roy Lichtenstein, figure emblématique du Pop Art ?  La réponse : oui, mais pas que…comme le rappelle habilement la scénographie de l’exposition, si  Roy Lichtenstein s’est fait un nom avec ses tableaux inspirés d’histoires de guerre en bandes dessinées ou ses pin-ups délicieusement sensuelles façon comics, il n’a jamais cessé d’expérimenter de nouvelles techniques, et surtout  réinterprété les grands classiques de son époque : Picasso, Matisse, Mondrian, etc.  Le Centre Pompidou met ainsi à la disposition des visiteurs curieux munis d’un Ipad, une application spécialement conçue pour l’exposition et qui dépasse précisément la période pop art pour aborder d’autres thématiques très présentes dans l’œuvre de Lichtenstein. ↓

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou

 

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou, capture d’écran

 

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou

Application pour IPAD Roy Lichtenstein Centre Pompidou, capture d’écran

 

Ainsi, le visiteur émerveillé en 2001 par la dernière grande exposition du Pop art à Paris – Les années Pop -, a redécouvert un artiste moderne qui a développé sa technique particulière par-delà l’imagerie classique des tableaux sexy et colorés des années pop.
— Que dire ainsi du Roy Lichtenstein s’amusant à revisiter l’histoire de l’art du XXième siècle, de la figuration vers l’abstraction, dans la série des Taureaux – Bull Profil Serie-, clin d’œil assumé à Picasso ? ↓

Roy Lichtenstein, Bull Profile Series, 1973

Roy Lichtenstein, Bull Profile Series, 1973

 

Pablo Picasso, Le Taureau, litographie de Fernand Mourlot, 1945-1946

Pablo Picasso, Le Taureau, litographie de Fernand Mourlot, 1945-1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roy Lichtenstein, Bull III et IV, from the Bull Profile series, vue de l'exposition

Roy Lichtenstein, Bull III et IV, from the Bull Profile Series, vue de l’exposition

– Des séries de la Cathédrale de Rouen, thème cher à Monet ?  ↓

Roy Lichtenstein, Rouen Cathedral Set V, 1969

Roy Lichtenstein, Rouen Cathedral Set V, 1969, vue de l’exposition

 

Claude Monet, Cathedrale de Rouen, 1892-1894

Claude Monet, Cathedrale de Rouen, 1892-1894

– Ou encore de sa réinterprétation des vues d’ateliers peintes par Matisse, les Intérieures Symphoniques  et des thèmes chers au grand rival de Picasso qu’il dispose ici ou là dans ses compositions ? ↓

Henri Matisse, La Danse (2ème version), 1909-1910

Henri Matisse, La Danse (2ème version), 1909-1910

 

Roy Lichtenstein, The Dance, from Artist's studio series,1974

Roy Lichtenstein, The Dance, from Artist’s studio series,1974, vue de l’exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri Matisse, Grand Intérieur rouge, dernier tableau de la série des six grands intérieurs symphoniques de Vence, 1948

Henri Matisse, Grand Intérieur rouge, dernier tableau de la série des six grands intérieurs symphoniques de Vence, 1948

 

Roy Lichtenstein, Foot medication,from Artist's studio series,1974

Roy Lichtenstein, Foot medication,from Artist’s studio series,1974, vue de l’exposition

On le sait moins mais Lichtenstein s’appliqua à donner une forme corporelle réelle à ses tableaux. Peintre, graphiste, mais également sculpteur de peintures-objets ! ↓

Roy Lichtenstein, Cup and Saucer II, 1977 & Goldfish Bowl II,1978

Roy Lichtenstein, Cup and Saucer II, 1977 & Goldfish Bowl II,1978, vue de l’exposition

Surprenantes ces sculptures non ? Ce qui témoigne du savoir-faire de l’artiste, touche à tout de génie et que l’on a bien tort de cantonner aux seules toiles inspirées de l’univers de la BD et des marques commerciales. C’est pourquoi il faut voir l’excellent film vidéo The Art of The Graphic Image – , réalisé par Frank Cantor-, dans lequel Lichtenstein se définit avant tout comme un graphiste avec son propre langage. Aussi, je vous conseille fortement de musarder à l’entrée de l’exposition et de vous lover dans les canapés confortables pour regarder deux films consacrés au travail de Lichtenstein. J’ai remarqué que peu de personnes s’y arrêtaient, à tort selon moi…On le voit travailler dans son studio, avec ses assistants. On se rend alors compte du bourreau de travail qu’il fût, à pied d’œuvre tous les jours, par passion et sans contrainte. On comprend alors que, chose fascinante, le graphisme direct et simple des toiles de Lichtenstein est inversement proportionnel  au processus lent et complexe de réalisation de ses œuvres. ↓

The Art of Graphic Image, Franck Cantor, 1994, capture d'écran

The Art of the Graphic Image, Franck Cantor, 1994, capture d’écran. Une technique propre à Roy Lichtenstein : l’artiste redessine les contours du dessin avec de l’adhésif

Pertinent également, un extrait de film réalisé par Michael Blackwood, montrant Lichtenstein au travail. On y apprend ainsi que l’artiste peignait ses toiles en utilisant un miroir inversé, de façon à renouveler sans cesse sa vision du tableau en cours ; ou encore l’utilisation fréquente du collage pour masquer une partie de tableau et essayer une autre composition. ↓

Roy Lichtenstein en train de travailler, Michael Blackwood, 1976, copie d'écran

Roy Lichtenstein en train de travailler, Michael Blackwood, 1976, capture d’écran

Pourquoi  aime-t-on autant Lichtenstein ? Je crois qu’une partie de la réponse réside dans l’invention d’une peinture moderne de son temps :  claire, directe, jeune et sexy – pour reprendre la définition du pop art selon Richard Hamilton-, mais la découverte d’autres facettes du talent de Lichtenstein force encore plus le respect. C’est tout un univers et ses codes qui vous enveloppent lorsque vous contemplez une œuvre de Roy Lichtenstein…

→ Une vidéo pour découvrir le travail de sculpteur de Roy Lichtenstein ↓

Roy Lichtenstein étant représenté par l’ADAGP, les photos de ses œuvres seront ôtées du blog à la fin de l’exposition.

Photo application pour IPAD courtoisie du Centre Pompidou

F.B.

 

 

 

Auteur: François BOUTARD

L'auteur de ce blog : déjà surnommé le "Jean-Pierre Coffe du rock" a décidé de vulgariser et faire connaître une autre de ses passions : l'art contemporain et le design. Community Manager et Rédacteur Web, il aime créer du contenu intelligible qui donne du sens à tous ceux qui veulent découvrir et se familiariser avec l'art contemporain et le design.

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5 commentaires

  1. Belle redécouverte de l’artiste et de ses inspirations ! J’aime beaucoup l’oeuvre Bull Profile Series.

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    • Bonjour Mathilde,
      Merci pour votre commentaire, cela peut-il vous donner l’envie d’aller voir l’exposition ?

      Répondre
      • Bonjour François,
        En faisant un tour sur votre blog, je viens de tomber sur votre réponse (il faut que croire que je n’avais pas été prévenue par email !).
        J’aimerais en effet aller voir cette exposition, ce sera sûrement pour mon prochain séjour à Paris.
        Merci de votre réponse !
        Mathilde

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  2. On dirait que cette expo est plus complète que celle que j’ai vu au Tate Moderne à Londres au printemps. Je n’avais pas trop accroché, mais j’ai trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup d’œuvre, sans vraiment savoir s’il n’en avait pas fait beaucoup ou si seulement une petite partie de son travail était présenté.
    Bonne idée les films, on ne s’y attarde pas assez souvent, c’est vrai

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    • Bonjour Anthony,
      Merci pour ton commentaire! L’exposition de la Tate du printemps fait partie du même cycle d’exposition : http://www.lichtensteinfoundation.org/frames.htm. Il serait effectivement intéressant de savoir s’il existe des différences dans la scénographie, le nombre d’œuvres montrées au grand public, le parti pris du commissaire d’exposition, etc. Intéressant billet à faire sur ce thème! Ce que je peux te dire en tout cas c’est qu’il y avait suffisamment d’œuvres exposées à mon goût et ce que j’ai découvert et que j’ignorais c’est tout le travail de L. autour de la sculpture. Malheureusement ou heureusement c’est selon, les photos étaient interdites concernant les nombreuses œuvres sculpturales, pourquoi ?…
      A mon avis L. travaillait tous les jours et produisait beaucoup.

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