Hergé, L'Affaire Tournesol extrait, 1956

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Martin Klimas, du galop équestre au Kung-fu

Art contemporain, Design| Vues: 313

Enfant, j’ai toujours gardé en mémoire un épisode des aventures de Tintin. Dans L’affaire Tournesol, 18ème opus assez étrange du héros à la houppette, une démonstration de destruction massive est opérée en direct, par les autorités de la nation bordure. « Gloups  ! ↓ »

Hergé, L'Affaire Tournesol extrait, 1956

Hergé, L’Affaire Tournesol extrait, 1956

Curieusement, la vision de ces buildings se désagrégeant progressivement m’a littéralement fasciné. Avec le recul, c’est cette dislocation progressive, et sa mise en perspective « dans l’instant », qui attisaient ma curiosité. Ne restait plus qu’à trouver un artiste capable, techniquement et artistiquement, de retranscrire ce moment fugace où tout se casse, se brise, s’écroule, s’émiette, s’étiole, se désintègre…

L’artiste allemand Martin Klimas réussit le tour de force d’allier ce moment éphémère de la brisure à une entreprise esthétique réussie. Dans la série Porcelain Figurines, Martin Klimas laisse tomber des figurines de porcelaine depuis une hauteur de 3 mètres, ce qui provoque, au moment de l’impact sur le sol, une série de clichés photographiques déclenchés à très grande vitesse. Le résultat de l’expérience est bluffant, Klimas se donnant la liberté de choisir des figurines évocatrices, notamment des personnages de kung-fu. Je vous laisse apprécier l’issue de ce travail, qui coûta cher en porcelaine à son auteur !

 

Martin Klimas, Porcelain Fugurines - Kung Fu

Martin Klimas, Porcelain Figurines – Kung Fu

 

Martin Klimas, Porcelain Figurines - Dragon

Martin Klimas, Porcelain Figurines – Dragon

Martin Klimas, Porcelain Figurines - Kung Fu

Martin Klimas, Porcelain Figurines – Kung Fu

Martin Klimas, Porcelain Figurines - Cavalier

Martin Klimas, Porcelain Figurines – Cavalier

Martin Klimas, Porcelain Figurines - Jeune Fille à l'ombrelle

Martin Klimas, Porcelain Figurines – Jeune Fille à l’ombrelle

Dans une interview donnée au Village Voice du 5 juin 2007, Klimas insiste sur sa curiosité pour produire un sujet en transformation, que nous ne pouvons pas percevoir dans la vie normale de tous les jours. Grâce à son dispositif technique, Klimas attrape au vol une figurine en apesanteur, dans un état intermédiaire, dans lequel coexistent à la fois l’arrêt et le mouvement. Martin Klimas : « In my pictures you see the world through the eye of a high-speed camera. This way of seeing provides for us something that we normally cannot see, this moment of transformation can really only be imagined by us. I provide a way for us to see this action differently. It is an in-between state. A state where rest and motion can exist together. I hope this situation can be applied and give us thought in our everyday world. »

Parmi ses influences, notre artiste cite 2 noms : Eadweard Muybridge et Harold Edgerton. Ces noms-là vous sont peut-être inconnus mais le second est coupable d’images qui, j’en suis sûr, vous sont familières, en particulier celle-ci : ↓

Harold Edgerton, Bullet cutting card, 1964

Harold Edgerton, Bullet cutting card, 1964

Edgerton, en inventant le procédé stroboscopique, fut le premier à réaliser, une série de clichés immortalisant une balle de revolver qui traverse une carte ou encore une plaque d’acier à la vitesse stratosphérique de 24 100 km/h ! Muybridge, lui, est rentré dans l’histoire en mettant au point la solution permettant de savoir si, effectivement, un cheval au galop voit ses jambes se décoller du sol. Je sens, à votre mine défaite, que vous vous demandez ce que cette question philosophique vient faire là ! Et bien, c’est qu’en 1872, le physiologiste et également pionnier de la photographie, Etienne-Jules Marey, affirma le fait ci-dessus, s’attirant les critiques scientifiques de ses contemporains. Pour trancher la question, Muybridge installa 12 appareils photographiques le long d’une piste équestre blanchie à la chaux. En les déclenchant à distance par le biais de fils tendus, il obtint des clichés, devenus célèbres, qui confirmèrent la théorie de Marey :

Eadweard Muybridge, Galop de Annie G., 1878

Eadweard Muybridge, Galop de Annie G., 1878

 

 

 

 

 

 

 

 

Après ce retour dans le passé, je suis donc persuadé que, dorénavant, vous porterez un regard neuf sur l’attitude d’un cheval au galop. Plus passionnante sans aucun doute est l’oeuvre de Martin Klimas. N’hésitez pas à aller sur son site, vous découvrirez d’autres travaux inattendus, à la recherche d’une grâce suspendue :

Le site de l’artiste

→ Harold Edgerton chez Agathe Gaillard 

F.B.

Photos Porcelain Figurines courtoisie de Martin Klimas

One Response to " Martin Klimas, du galop équestre au Kung-fu "

  1. Jacinthe dit :

    Décidemment, on en apprend tous les jours.. merci.

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