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Mary Weatherford

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Mary Weatherford

Travaux issus de son oeuvre

Mary Weatherford, oeuvre picturale et néon

Mary Weatherford, oeuvre picturale et néon

 

Mary Weatherford, oeuvres picturales

Mary Weatherford, œuvres picturales

 

Mary Weatherford, oeuvres picturales

Mary Weatherford, œuvres picturales

Mary Weatherford était assise au milieu de la galerie David Kordansky de Los Angeles, la veille de l’ouverture de son exposition « Los Angeles » (prolongée jusqu’au 28 juin), sa première à la galerie, inspectant ses nouvelles peintures. Accrochées aux murs, se trouvaient de grandes peintures abstraites très colorées, chacune avec un ou trois néons, les cordons électriques pendant nus à même la toile, reliés à des transformateurs au sol. Weatherford activait alors son cerveau pour retrouver la trace de souvenirs ou d’humeurs qui relient la partie « Los Angeles » de son esprit à celle qui peint, dans l’espoir de trouver ce moment, un« voilà » qui lui permettrait de retrouver cette connexion, car quelque chose manquait.

« Il y a une dernière peinture qui a besoin d’un titre », déclara l’artiste de 51 ans basée à Los Angeles, ses yeux tachetés scannant intensément la toile. Le tableau en question – une tache brumeuse qui pourrait être confondue avec la tombée de la nuit (ou plus précisément « l’heure magique » que les directeurs de la photographie appellent la lumière déclinante du coucher du soleil), ponctuée d’un éclair de néon apposé sur la toile – sera finalement appelé 1969, une année riche en histoire à la fois sociétale et personnelle.

« Je savais que je devais faire un spectacle à Los Angeles », déclara Weatherford, qui a déménagé avec sa famille à Los Angeles depuis Ojai (ville de Californie du comté de Ventura) au moment même où le mouvement des droits civiques battait son plein, à la fin des années 60. Les éléments personnels sont délibérément obscurcis – les peintures, une fois achevées, prennent sens pour l’artiste, et les titres sont des indices enfouis de cette obsession personnelle pour le temps journalier qui s’écoule, un besoin d’enregistrer cette temporalité. Les toiles de l’exposition présentent des titres comme over Rose Hills (Rose Hills est un cimetière à Whittier, en Californie), Oxnard Ventura, the light in Lancaster  (célèbre pour ses champs de pavot en fleurs) et apparition in Artesia, chacune présentant des sentiments bruts, qu’ils proviennent d’expériences ressenties ou d’humeurs : les histoires familiales et les souvenirs personnels abondent dans le travail de l’artiste, mais restent comme cachés.

Weatherford travaille avec le concept de lieu depuis de nombreuses années, mais les néons ont ajouté un autre niveau à son travail. En dépit d’être active depuis les années 80, la véritable reconnaissance de son travail n’a eu lieu qu’en 2012, à l’occasion de « The Bakersfield Project », à la Galerie Todd Madigan de l’Université de l’Etat de Californie à Bakersfield ; où elle fut invitée à concevoir un spectacle pour lequel elle pouvait collaborer avec des étudiants. Les peintures de Bakersfield, qui sont à cette étrange ville du centre de la Californie, connue pour ses champs de pétrole et ses pistaches, à peu près ce que les peintures de l’exposition chez David Kordansky sont à l’histoire de Weatherford à Los Angeles, ont été réalisées de manière tout aussi abstraite. N’étant pas le type de peintre qui cède à qui veut son pinceau, Weatherford a eu à l’origine l’idée d’introduire des néons dans ses œuvres simplement pour faire participer les élèves. Le spectacle s’est finalement rendu à LA> <Art à Los Angeles.

Plus tard, en 2012, son exposition « Manhattan », chez  Brennan & Griffin, présentait des peintures-lieux-néons similaires à ce que Weatherford considérait comme des œuvres véhiculant des récits de sa vie quotidienne à New York dans les années 80 (Varick St. le matin dans les rues, Wonder Wheel était un voyage à Coney Island, et Empire jetait un coup d’œil en direction de l’Empire State Building sur le chemin du retour, le soir).

Cette exposition fut une façon de regarder le chemin parcouru. Après avoir obtenu son diplôme de Princeton, elle a travaillé dur à New York jusqu’en 1999, lorsqu’elle est retournée dans le sud de la Californie. Elle obtint une certaine reconnaissance critique dans les années qui suivirent, mais elle semblait être prise dans un état d’émergence perpétuelle – critiques dans ArtForum et le New York Times au milieu des années 2000, apparition dans l’article de 2007 de Christopher Knight « 45 Painters Under 45 » dans le LA Times, sélection à la Biennale de Californie 2008, un article de Rachel Kushner la qualifiant de « nouvelle puce bleue » en 2009. L’an dernier, un sondage anonyme de conservateurs, galeristes et conseillers l’identifiait comme l’une des « Hottest Artists de LA » (Parmi les artistes les plus prometteuses de  Los Angeles).  » [Pour mémoire, l’auteur de cet article a organisé le sondage.]

À « Los Angeles », son histoire avec la ville éclate sur la toile. Chaque peinture porte un souvenir ou un sentiment de ce passé, mais avec une exécution abstraite – plus comme des représentations d’une idée d’un lieu. Les peintures deviennent des paysages d’esprit vaporeux (pas des paysages au sens premier, mais quelque chose de beaucoup plus vulnérable et cérébral), rendus avec de la peinture acrylique à base de vinyle (Flashe) qui tache et tourbillonne sur la toile dans des champs de couleur, avant d’être interrompue lyriquement par de fines vignes de néon coloré et lumineux. Le néon provoque un sentiment contradictoire, entre attirance et répulsion, attirant parfois le regard, et d’autres fois disparaissant dans un espace négatif qui encadre les peintures en dessous, mettant en évidence la toile. Les ombres jouent derrière les néons, ajoutant de nouveaux niveaux de texture, tandis que les cordons des lumières elles-mêmes agissent comme des lignes sculpturales et drapées.

Lorsqu’on la pousse à verbaliser son rapport à la ville de Los Angeles, Weatherford fournit peu de détails sur son passé Angelino. « Mon enfance s’est déroulée entre des cours de natation à Inglewood, la découverte de l’Exposition Park, puis celle du [Los Angeles County Museum of Art] (LACMA) », où elle verrait l’exposition séminale de 1971 « Art & Technology » à l’âge de 9 ans. —Le spectacle associait des artistes comme Robert Rauschenberg, Andy Warhol, Richard Serra, Rockne Krebs, Robert Irwin et James Turrell à des sociétés à vocation technologique comme Kaiser Industries, GE et IBM. Plus tard, après que Weatherford a déménagé sur la côte Est pour étudier à Princeton, elle trouverait un catalogue de l’exposition dans une bibliothèque, la conduisant à identifier les œuvres qu’elle avait gardées en mémoire.

« Mon introduction aux possibilités très ouvertes que propose l’art eût lieu lors d’une visite sur le terrain pour voir cette exposition », déclara-t-elle à propos de son éducation précoce à la pratique de l’art contemporain. La convergence entre des pratiques artistiques historiques et des innovations technologiques se reflètent dans l’utilisation simultanée que fait Weatherford de la peinture abstraite et du néon comme trait de peinture. Pour ce qui les concernent, les zones peintes flirtent historiquement avec les œuvres du mouvement de peinture Color Field (années 1960), en particulier Ronnie Landfield et Helen Frankenthaler, tandis que certains des néons interfèrent au centre de la peinture, à la manière d’un tableau de Barnett Newman qui serait branché.

« Le point commun aux peintures sur « Los Angeles » de Mary Weatherford est la lumière – pas les néons, mais ce qui transparaît dans la peinture », a déclaré l’artiste, soulignant les gris, les bruns, les ocres et les verts qui se jouent les uns des autres de façon formelle. « Los Angeles avait l’habitude de connaître des « jours de smog » », et vous n’aviez pas à aller à l’école.  J’étais consciente de vivre dans une sorte de cuvette nuageuse depuis que j’étais petite. C’est pourquoi ce que  j’ai essayé de faire dans ce spectacle, c’était de salir les couleurs. »

Pour elle, les néons pourraient être les lumières de la ville de Los Angeles qu’elle évoque, mais plus que cela, ils ont résolu un problème avec lequel elle luttait depuis des années.

« Quand j’ai eu l’idée des lumières il y a deux ans, je me suis rendue compte que c’était un moyen de faire une peinture sur la ville et sur le 20e siècle »,  déclara l’artiste. « C’est l’électricité. C’est du modernisme. » – Art en Amérique (Traduction de votre serviteur) ↓

 

Mary Weatherford, oeuvre picturale

Mary Weatherford, oeuvre picturale. Photo depuis site The Collectors List.

 

Mary Weatherford, Athena, 2018

Mary Weatherford, Athena, 2018. Photos by Fredrik Nilsen studio. Images courtesy of the artist and Gagosian Gallery.

 

Mary Weatherford, oeuvre picturale

Mary Weatherford, oeuvre picturale. Photo depuis site : The Collectors List

 

Mary Weatherford, oeuvre picturale

Mary Weatherford, oeuvre picturale. Photo depuis site : The Collectors List

 

Mary Weatherford, oeuvre picturale

Mary Weatherford, oeuvre picturale. Photo depuis site The Collectors List

→ Pour retrouver le billet original du 21 Septembre 2014, cliquez sur le lien ilikethisart.

Si vous êtes surpris par le contexte du billet et son choix : je choisis, régulièrement, des billet issus du blog : ilikethisart.net tenu par Jordan Tate (avec son autorisation), universitaire américain et artiste. Je n’ai jamais trouvé d’équivalent à ce blog qui explore des univers visuels que nous n’avons pas l’habitude de voir en Europe ou trop peu (à mon goût).

F.B.

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