Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Vue projetée de la vidéo

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Cyprien Gaillard enchante la #BiennaleLyon

Art contemporain, Blog, Lyonnaiseries| Vues: 439

De Cyprien Gaillard, j’ai en tête l’image d’un artiste contemporain très doué, qui, de la même génération que la mienne, propose une grille de lecture du monde contemporain assez vraisemblable. C’est rare ça, un artiste dont on peut instinctivement se sentir proche, parce qu’on partage une préoccupation commune pour un monde qui court à sa perte… surtout ces derniers temps ! Iconoclaste, romantique, vidéaste, adepte d’un certain minimalisme, Cyprien Gaillard est tout à la fois. Son regard, tranchant, se pose sur des événements du monde actuel pour les passer au révélateur de l’histoire, comme dans cette vidéo de 2009 que j’aime beaucoup : Cities of Gold and Mirrors (2009), qui met en parallèle déréliction de la jeunesse et ruine des civilisations précolombiennes à Cancún, au Mexique. ↓

Alors forcément, lorsque la planète va mal, Cyprien Gaillard porte haut et loin le regard de l’artiste qui semble nous susurrer à l’oreille  : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Bible- Luc 23:34). Par conséquent, que devions-nous attendre de l’artiste pour cette Biennale dont le thème est la vie moderne ? Un dégoût pour la saleté que nous infligeons quotidiennement à notre planète ? Une mise en garde pacifiste sous forme de catastrophe imminente ? L’obsession du tout sécuritaire ? L’obsession du principe de précaution ? La réponse est non, rien de tout cela ! Pendant près de 15 minutes, la vidéo Nightlife déroule un flow apaisant, enjoué, qui réconcilie l’homme avec la nature. ↓

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Photos: Marco Funke, Gallery Weekend Berlin

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Photo : Marco Funke, Gallery Weekend Berlin

De quoi parle Nightlife ? Sur une bande son entêtante qui reprend 2 morceaux du chanteur Alton Ellis, l’artiste propose un film en 3D – on vous équipera de lunettes avant d’entrer dans la salle de projection – qui met en scène des branchages d’arbres. Véritables personnages du film, vous verrez les végétaux danser, se trémousser en rythme sur un fond sonore sirupeux. C’est léché, le spectateur est rapidement pris dans la folle danse du végétal, et on pense aux arbustes tant de fois photographiés par Jean-Marc Bustamante qui auraient soudainement « pris feu ». Les arbres deviennent à l’écran des sculptures qu’on aimerait toucher et, sur le sol de la pièce de projection se reflètent des images qui se mouvent tendrement. La fin, symbolique, révèle celui « qui ne danse plus » -mais là je ne vais pas tout vous dire !- avant de finir en apothéose incandescente.                                                                                           Ne voyez pas dans la vidéo de Cyprien Gaillard l’expression d’une performance exclusivement esthétique, c’est aussi une réflexion sur l’indicible, avec une  forte charge symbolique… Donc je ne peux que vous encourager à passer au 2ème étage du MAC Lyon, une respiration onirique salutaire insufflée par un artiste bourré de talent !

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Photo Blaise Adilon

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Photo Blaise Adilon

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Vue de la vidéo projetée au Musée d'Art Contemporain de Lyon

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015. Vue de la vidéo projetée au Musée d’Art Contemporain de Lyon

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015, (Film Still)", © Cyprien Gaillard, courtesy Sprüth Magers

Cyprien Gaillard, Nightlife, 2015, (Film Still) », © Cyprien Gaillard, courtesy Sprüth Magers

F.B.

 

 

 

2 Responses to " Cyprien Gaillard enchante la #BiennaleLyon "

  1. Anthony dit :

    J’ai beaucoup aimé cette œuvre et notamment la musique quasi hypnotique qui l’accompagne (c’est une des rares qui m’ait plu au MAC pour cette biennale). Si je peux me permettre, pour cette œuvre, il est important d’avoir quelques éléments d’informations qui sont (je crois) sur le cartel (et sur le site) : « Nightlife prend pour point de départ le Penseur de Rodin, endommagé lors d’un attentat en 1970 à Cleveland, puis s’arrête à Los Angeles et Berlin avant de retourner à Cleveland pour finir sur le seul des quatre chênes encore vivants qui furent offerts à Jesse Owens pour chacune de ses quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. »

    • Bonjour Anthony, merci pour ta réaction ! Je crois que cette oeuvre a plu à beaucoup de personnes en effet ! Je n’en ai pas dit plus pour inciter le lecteur à découvrir la « petite » histoire » cachée dans l’oeuvre !

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