Last Updated on 17 avril 2021 by François BOUTARD

Merci de recevoir le blog ici même dans la Villa Deshayes. Lorsque l’équipe du projet ARTAGŌN m’a demandé de devenir partenaire officiel, j’ai tout de suite dit oui ; votre projet est novateur et je souhaitais donc y associer le blog. Rappelons brièvement le concept : des professionnels du secteur artistique chevronnés sélectionnent, dans 10 écoles d’art françaises, 3 étudiants. Les étudiants exposent ensuite leurs œuvres du 17 au 30 avril à la Villa Deshayes. Un jury sous la présidence de Jean-Jacques Aillagon distinguera le meilleur artiste, ainsi qu’un groupe de 3 étudiants issus d’une même école. ARTAGÓN est  la première compétition artistique annuelle offerte aux étudiants en écoles d’art publiques.   

Art Design Tendance : Pouvez-vous nous présenter la genèse de ce projet ?

Keimis Henni : Au départ, il s’agit d’un rassemblement  d’amis. Nous nous connaissions soit directement, soit indirectement par des amis communs. Nous évoluons tous dans le secteur artistique avec des compétences complémentaires. L’idée du projet ARTAGŌN  a pris forme avec la mise à notre disposition pour quelques mois, par un mécène particulier, de cet espace, la Villa Deshayes. Notre mécène nous a demandé de réfléchir à une action en faveur de la jeune création.  À partir de là, l’idée du projet est venue spontanément avec Anna Labouze, codirectrice du projet et Jérémy Demester, qui en assure la direction artistique.

Jérémy Demester : Je suis moi-même artiste. Je me suis formé dans une école d’art à Biarritz avant de réussir le concours de l’École des Beaux-Arts de Paris. En arrivant dans la capitale, j’ai trouvé qu’il manquait d’émulation entre les étudiants et d’initiatives de grande envergure pour aider à la reconnaissance des jeunes artistes en formation ou tout juste diplômés. Il existe des initiatives privées bien sûr, mais elles sont trop éparses et ne concernent souvent qu’une seule école et une seule promotion d’étudiants. Nous souhaitions proposer un projet plus dynamique, à plus grande échelle. D’où l’idée de s’inspirer du football et de l’ambiance sportive qui règne dans un stade, l’arène moderne du sport. L’arène est un lieu de rassemblement festif autour d’une compétition sportive. C’est cette énergie que nous avons voulu transposer pour exposer de jeunes artistes dans une ambiance à la fois compétitrice, dynamique et festive.

Anna Labouze : L’objectif est aussi de faire se rencontrer les étudiants des écoles d’art de toute la France grâce à une rencontre à l’échelle nationale. La création de liens, d’amitiés, de collaborations, d’envies, de dialogues dans un élan collectif est l’essence véritable du projet. Ce qui nous motive, c’est également de prendre le pouls de la jeune création chaque année, et de proposer cela au public le plus large possible.

K.H. : Nous avons volontairement choisi la terminologie de compétition et non de concours, pour insister sur des valeurs bien connues dans l’univers du sport : estime, respect, partage, solidarité. Il est en somme question « d’artagonades », d’union dans l’adversité. Notre inspiration vient aussi des championnats universitaires nord-américains dans lesquelles les universités s’affrontent dans nombre de disciplines autres que sportives (orthographe, échec, calcul, rhétorique). Là, nous avons une compétition artistique.

J.D. : Dans l’art, tu t’améliores toi-même en te confrontant aux autres, c’est important.

A.D.T. : Avez-vous pour ambition de pérenniser ce projet ?

K.H. : Nous profitons d’un lieu mis temporairement à notre disposition pour organiser cette manifestation, pour la faire naître, mais nous avons pour ambition de la faire grandir.

A.L. : Nous souhaitons développer le concept à une échelle européenne, avec une compétition qui réunirait des écoles d’art de tout le continent. Nous allons grandir progressivement.

Interview à suivre…

F.B.

ARTAGŌN

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