






Tania Franco Klein
Travaux issus du projet : Proceed to the Route
« La carte comme représentation du territoire, et internet comme représentation de la vie.
« Suivre la route » tire son nom de la citation populaire qui ouvre chaque trajet sur
Google Maps et qui apparaît comme un rappel à chaque erreur de parcours.
Les routes et les autoroutes ont jadis tracé les voies du progrès. Aujourd’hui, elles sont surtout
empruntées par des passagers qui ignorent souvent où ils vont, mais qui filent à toute allure sans
s’arrêter. Ils ont accès à la connaissance pour aller partout, et pourtant ils ne savent rien.
Le progrès nous a dépassés, nous laissant dans un état de néant et de confusion au sein de notre
réalité éclectique et hyperconnectée, où l’histoire s’écoule plus vite que les secondes d’une horloge.
C’est dans le désert de la campagne que l’on peut percevoir la rencontre d’un mode de vie ancien
qui attend encore d’être abandonné et contenu, reflétant la nouvelle croissance d’un système capitaliste centralisé.
Les vagabonds et les voyageurs, tous traversant un état de néant, qui partagent des moments privés dans des espaces publics, sont un exemple clair des vestiges éphémères, surpeuplés et en même temps presque vides des villes contemporaines. » – Tania Franco Klein
→ Pour retrouver le billet original du 20 Janvier 2026, cliquez sur le lien ilikethisart.
Sivous êtes surpris par le choix de ce billet : je choisis, régulièrement, des billets issus du blog : ilikethisart.net tenu par Jordan Tate (avec son autorisation), universitaire américain et artiste. Je n’ai jamais trouvé d’équivalent à ce blog qui explore des univers visuels que nous n’avons pas l’habitude de voir en Europe ou trop peu (à mon goût).
Pourquoi avoir choisi de vous parler de cet artiste ?
Une photographe qui met en scène nos angoisses contemporaines
Tania Franco Klein photographie l’obsession de la performance, du bien‑être et de la réussite comme un véritable théâtre de l’angoisse moderne, nourri par la quête du rêve américain, la consommation et la surexposition médiatique. Ses personnages féminins semblent happés par la lumière artificielle des écrans, enfermés dans des intérieurs saturés d’objets, comme figés dans un entre‑deux où le temps se dilate et l’identité vacille. Cette attention aux « séquelles psychologiques » du quotidien connecté rejoint directement l’ambition du blog : montrer comment l’art contemporain aide à comprendre burnout, solitude et désillusion dans nos sociétés.
Un univers cinématographique entre David Lynch, Jeff Wall et Gregory Crewdson
L’atmosphère de ses images évoque le malaise diffus et la « peur sourde » propres aux films de David Lynch : scènes nocturnes, néons, personnages isolés au bord de la disparition. Comme Jeff Wall, elle construit des images très composées, proches du tableau, où la mise en scène et le cadrage deviennent des outils d’analyse sociale plus que de simple narration. La monumentalité calme et les intérieurs suburbains troublants rappellent aussi Gregory Crewdson, mais Franco Klein s’en distingue par une dimension plus intime, presque claustrophobe, qui transforme la maison en décor de nos tensions psychiques.
Une démarche accessible, narrative et profondément humaine
Ses séries, comme Our Life in the Shadows ou Positive Disintegration, partent d’expériences ordinaires – fatigue, ennui, quête de soi – pour les pousser jusqu’au point de rupture, sans jamais perdre le fil du récit. Chaque image fonctionne comme un fragment d’histoire où le spectateur peut projeter ses propres doutes, ce qui fait de sa photographie un outil didactique pour aborder des notions complexes comme la dépression, le burn‑out ou l’injonction au bonheur. Cette capacité à conjuguer exigence plastique, références théoriques (Byung‑Chul Han, Dąbrowski) et émotion immédiate en fait un sujet idéal pour un article qui veut rendre l’art contemporain intelligible sans tomber dans la critique formaliste.
Tania Franco Klein Digest
Née en 1990, Tania Franco Klein commence la photographie pendant ses études de BA au CENTRO de Diseño, Cine y T.V. BA Architecture, Mexico, avant de poursuivre un Master en Photography à l’University of the Arts London, entre 2014 et 2016. Son travail, nourri par l’observation des comportements sociaux, explore la consommation, l’overdose médiatique, l’obsession de la jeunesse éternelle et le rêve américain, ainsi que les fractures intimes qu’ils engendrent. Lauréate de plusieurs récompenses (Sony World Photography Awards, LensCulture Exposure Awards, Photo London Artproof Schliemann Award), elle expose en Europe, aux États‑Unis et au Mexique, de Photo Basel à Photo London. En 2025, elle intègre la sélection « New Photography 2025 : « Lines of Belonging » au MoMA, qui rassemble treize artistes internationaux autour des thèmes de la mémoire, de l’identité et de l’appartenance, prolongeant une histoire de la photographie à laquelle Art Design Tendance a déjà consacré plusieurs articles. >>https://artdesigntendance.com/art-contemporain/la-photographie-dart-au-moma-1985-1999/

©Tania Franco Klein, Rear-view Mirror (self-portrait), 2019, série Proceed to the Route.




FAQ – L’essentiel sur Tania Franco Klein
1. Qui est Tania Franco Klein ?
Tania Franco Klein est une artiste mexicaine née en 1990, dont la pratique photographique, à la croisée de la mise en scène et de l’autofiction, interroge l’isolement, la sur‑stimulation et la performance de soi dans la société contemporaine. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans de grandes institutions internationales telles que le Museum of Modern Art de New York, le J. Paul Getty Museum à Los Angeles, le Museum of Fine Arts de Houston, Foam Fotografiemuseum Amsterdam, le Victoria and Albert Museum à Londres, Fotomuseum Winterthur, ainsi que plusieurs collections majeures en Amérique latine et en Europe.
2. Quels sont les grands thèmes de son travail ?
Ses séries traitent du rêve américain, de la consommation, du loisir, de la surcharge médiatique, de la quête de jeunesse éternelle et de la déconnexion émotionnelle, en montrant les conséquences psychiques de ces injonctions sur nos vies quotidiennes.
3. En quoi son univers rappelle‑t‑il David Lynch, Jeff Wall ou Gregory Crewdson ?
Comme Lynch, elle installe un climat de suspense et de trouble dans des décors domestiques apparemment banals ; comme Jeff Wall et Gregory Crewdson, elle construit des images très composées, éclairées de façon quasi cinématographique, qui transforment ces scènes en allégories de nos angoisses modernes.
4. Quelles sont ses séries les plus connues ?
Parmi ses séries marquantes, Our Life in the Shadows explore l’isolement et la fatigue émotionnelle face aux promesses du rêve occidental, tandis que Positive Disintegration prolonge cette réflexion sur le burnout et la reconstruction de soi après la crise.
5. Pourquoi son inclusion dans “New Photography 2025” au MoMA est‑elle importante ?
Être invitée au programme “New Photography 2025 : Lines of Belonging” au MoMA inscrit Tania Franco Klein dans une lignée d’artistes qui renouvellent la photographie contemporaine, en soulignant la portée internationale de son regard sur l’identité, l’appartenance et les tensions du monde globalisé.









